Codex 2026 : Nouvelles règles d’étiquetage des allergènes de précaution (PAL)
Mis à jour le : 5 août 2026
En juillet 2026, la Commission du Codex Alimentarius a adopté de nouvelles lignes directrices sur l'étiquetage des allergènes de précaution (PAL). Ces règles ont été finalisées lors de la rencontre à Ottawa en mai 2026 (CCFL49).
Ces règles transforment la gestion des allergènes. Elles remplacent l'utilisation excessive des mentions "peut contenir" par une approche scientifique fondée sur l'évaluation des risques.
Les fabricants d'aliments doivent désormais justifier leurs avertissements allergènes avec des données concrètes, plutôt que de les apposer par précaution systématique.
Ce qu'il faut savoir
- Étiquetage des allergènes de précaution : Nouvelles lignes directrices adoptées en juillet 2026 (CAC49).
- Fini les "peut contenir" abusifs : Les mentions PAL (Precautionary Allergen Labelling) exigent désormais une analyse de risque scientifique documentée.
- Seuil gluten établi : Dose de référence fixée à 4 mg de gluten pour évaluer les risques de contamination croisée.
- Incompatibilité "sans gluten" + PAL : Interdiction d'afficher simultanément une allégation "sans gluten" et une mention de précaution gluten.
- Impact pour les fabricants : Documentation de chaque avertissement allergène avec preuves scientifiques.
La 49e session du Codex Alimentarius (CAC49) en juillet 2026 s'est réunie pour adopter de nouvelles normes internationales de sécurité des aliments.
Lors de cette session, le Codex a validé des avancées majeures, notamment :
- Des lignes directrices harmonisées sur l'étiquetage de précaution des allergènes (PAL).
- De nouvelles normes pour l'hygiène alimentaire (Listeria et Campylobacter) et la gestion des additifs.
- Le déploiement de son Plan Stratégique 2026–2031 pour faire face aux nouveaux risques technologiques de la chaîne globale.
Les nouvelles directives sur l'étiquetage des allergènes de précaution PAL (Precautionary Allergen Labelling) imposent une analyse de risque quantitative et des doses de référence scientifiques. Cela justifie toute mention de précaution sur les emballages et garantit une plus grande transparence pour les consommateurs.
Codex 2026
Le Codex privilégie désormais la science et la prospective pour protéger les consommateurs.
Son plan stratégique 2026-2031 se concentre sur :
- La réactivité face aux nouveaux défis.
- L'efficacité numérique.
- L’harmonisation des réglementations mondiales.
La Commission a adopté trois documents distincts concernant l'étiquetage :
- Les lignes directrices sur l'étiquetage de précaution des allergènes (PAL)
- Les dispositions relatives à l'étiquetage des emballages multiples
- Les lignes directrices sur l'étiquetage en situations d'urgence
Voici les changements majeurs sur l'étiquetage de précaution des allergènes (PAL) introduits par le Codex 2026 :
- Passage à une analyse de risque scientifique.
- Introduction de doses de référence et du seuil de 4 mg pour le gluten.
- Interdiction de cumul des mentions.
L'étiquetage de précaution des allergènes (PAL)
Passage à une analyse de risque scientifique
Le changement clé impose que l’étiquetage de précaution, comme « peut contenir », repose sur une évaluation scientifique du risque.
Son usage doit être justifié par une analyse démontrant qu'un risque résiduel subsiste malgré l'application rigoureuse des bonnes pratiques de fabrication.
- Fin de l'arbitraire : Les mentions de précaution ne doivent plus être utilisées de manière défensive ou systématique.
- Condition d'utilisation : La mention de précaution s’applique uniquement si un risque résiduel d’allergène non intentionnel subsiste et ne peut être contrôlé.
- Lutte contre le sur-étiquetage : L'objectif est de réduire la pratique consistant à lister tous les allergènes par peur des litiges, ce qui nuit à la clarté pour les consommateurs.
Introduction de doses de référence et du seuil de 4 mg pour le gluten
Pour la première fois, le Codex intègre un cadre basé sur des doses de référence (seuils) pour les allergènes prioritaires.
Le Codex introduit une dose de référence de 4 mg pour le calcul des risques. Cette valeur sert à déterminer le niveau d'action spécifique à chaque aliment et ne remplace pas le seuil de 20 ppm pour le « sans gluten ».
- Seuil de 4 mg de gluten : Pour les personnes souffrant de la maladie cœliaque, une dose de référence de 4 mg de gluten a été établie pour évaluer le risque de contact croisé.
- Calcul du niveau d'action : Ce seuil permet de calculer une concentration spécifique au produit : Niveau d'action = Dose de référence / Quantité d'aliment consommée.
- Distinction cruciale : Cette dose de 4 mg ne remplace pas la norme actuelle de 20 ppm pour les produits étiquetés « sans gluten ». Elle sert uniquement à déterminer si une mention « peut contenir » est nécessaire sur un produit régulier.
Interdiction de cumul des mentions
Une règle de clarté majeure stipule qu'un produit portant une mention de précaution pour le gluten (ex: « peut contenir du blé ») ne peut plus simultanément afficher une allégation « sans gluten ».
Cette mesure élimine la confusion causée par des messages contradictoires sur un même emballage.
Nouvelles normes pour la sécurité alimentaire
Le Codex a également ajouté de nouvelles orientations en sécurité alimentaire pour Listeria monocytogenes (gestion des risques pour les aliments prêts-à-manger, surveillance de l'environnement de transformation et validation de la durée de vie) et pour Campylobacter dans le poulet.
Impacts sur la conformité et les certifications
Bien que les normes du Codex soient volontaires, elles servent de référence mondiale pour les lois nationales et les programmes de certification.
Conformité réglementaire
Perspectives 2027 : L'Union Européenne et d'autres juridictions prévoient déjà une révision de leurs règlements en 2027 pour s'harmoniser avec ce nouveau cadre du Codex.
Certification GFSI (BRCGS, FSSC 22000, SQF)
Normalisation GFSI : Les schémas de certification en sécurité alimentaire reconnus par la GFSI (Global Food Safety Initiative), tels que le BRCGS, le SQF et le FSSC 22000, imposent de valider et de respecter la réglementation en vigueur dans les pays de production et de destination des produits.
Bien que les normes du Codex Alimentarius n'aient pas force de loi par elles-mêmes, elles servent de référence scientifique mondiale.
À ce titre, leurs récentes lignes directrices de 2026 seront progressivement intégrées par la GFSI et les référentiels privés pour harmoniser les exigences commerciales d'audit (notamment sur la traçabilité et les allergènes).
La maîtrise de ces standards est essentielle pour maintenir vos accès aux marchés internationaux.
Codex Alimentarius : rôle, statut et impact sur la sécurité alimentaire
Le statut réel du Codex : recommandations et arbitrage
Le Codex Alimentarius élabore des textes volontaires destinés aux gouvernements. Ces textes ne deviennent des lois que lorsqu’un pays les transpose officiellement dans sa législation nationale, comme le Règlement des aliments et drogues au Canada ou les règlements de l'Union européenne.
Le rôle de l'OMC (Lien indirect) : Le Codex sert de référence mondiale pour l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Si un pays adopte des lois plus strictes que le Codex et bloque des importations, il doit justifier scientifiquement cette décision en cas de litige commercial.
Transposition dans les réglementations nationales
De nombreux pays, dont le Canada, l’Union européenne et les États-Unis, intègrent progressivement les normes du Codex dans leurs cadres réglementaires, notamment pour l’étiquetage des allergènes et la sécurité alimentaire. Cette transposition légale renforce l’importance de respecter les exigences du Codex, qui deviennent ainsi des obligations légales dans plusieurs marchés clés.
En parallèle, la GFSI continue de jouer un rôle central en harmonisant ces exigences dans ses référentiels, garantissant ainsi que les certifications privées reflètent à la fois les recommandations internationales et les obligations réglementaires nationales.
Pourquoi la GFSI s'en sert alors ?
Le rôle du Benchmark GFSI : la "courroie de transmission".
C'est là que la GFSI intervient. Puisque le Codex n'est pas une loi, la grande distribution et l'industrie mondiale utilisent les certifications privées (BRCGS, SQF, FSSC 22000) pour rendre ces principes commercialement obligatoires. C’est une contrainte commerciale : une usine ne va pas en prison si elle ne respecte pas le Codex, mais elle perd son certificat GFSI et ne peut plus vendre à ses grands clients si elle ignore ses lignes directrices transférées dans les grilles d'audit.
Pour qu'ils s'appliquent sur le terrain industriel, la GFSI intègre ces exigences dans ses référentiels de benchmark. La GFSI a d'ailleurs mis à jour son cadre de référence (comme sa position officielle révisée sur la Culture de sécurité des aliments) pour s'assurer que l'industrie devance ou s'aligne rigoureusement sur les dernières directions scientifiques du Codex.
Les référentiels (BRCGS, SQF, FSSC 22000) : l'application terrain
Lorsqu'une décision est entérinée au Codex, puis répercutée par la GFSI, les propriétaires de référentiels doivent mettre à jour leurs grilles d'audit. En résumé, la réunion de juillet 2026 du Codex a figé les nouvelles règles du jeu scientifiques (allergènes, traçabilité numérique), et la GFSI étudierait les exigences. Éventuellement, les référentiels comme le BRCGS, le FSSC 22000 ou le SQF devraient s'ajuster.
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Sources
- Codex Alimentarius Commission Strategic Plan 2026−2031 - FAO
- FAO - Global food safety standards body Codex agrees on new guidance on “may contain” allergen labels - Juillet 2026
- Codex Alimentarius - 49th Session of the Codex Committee on Food Labelling (CCFL49), Ottawa, Canada - Mai 2026
- BRCGS - New Precautionary Allergen Labelling Rules- Juillet 2026
- Celiac Canada - A New Era for “May Contain” Labels Coming - Juillet 2026
- FAO/WHO Establishes Recommended Threshold Values for Allergens in Foods - Food Safety Magazine
- FAO/WHO Develop Scientific, Risk-Based Framework for Food Allergen Labeling - Food Safety Magazine